Halte à la violence contre les femmes

La violence contre les femmes, souvent sous-estimée, est rarement punie

Les femmes et les fillettes subissent des violences de façon disproportionnée, en temps de paix comme en temps de guerre. Ces actes peuvent être le fait de l’État, du groupe social ou de la famille.

Le droit de vivre à l’abri de la violence est un droit humain fondamental.

Partout, dans les foyers comme dans les zones de conflit, la violence doit cesser.

Amnesty International va:

  • faire campagne pour la mise en œuvre des lois existantes qui permettent aux victimes de viol ou d’autres formes de violence sexuelle d’accéder à la justice et de bénéficier de services appropriés;
  • demander instamment qu’il soit mis fin aux actes de violence contre les femmes perpétrés par des agents de l’État;
  • s’efforcer de donner aux femmes la capacité d’agir.

1-Renforcement du pouvoir d’agir des femmes

Malgré les risques et les difficultés, des militantes et militants continuent, dans le monde entier, à mener campagne en faveur des droits des femmes et à se battre contre la discrimination et l’impunité.

Les défenseurs des droits humains prennent souvent des risques mais lorsque ce sont des femmes qui se mobilisent pour les droits humains, elles courent encore plus de risques, en raison de leur genre et des questions qu’elles abordent.

La discrimination envers les femmes a notamment pour conséquence l’accès inégal de ces dernières à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’emploi.

Ces inégalités dans le domaine de l’éducation et du travail sont exacerbées par la violence, qui restreint parfois encore davantage les possibilités de scolarisation ou d’activité professionnelle.

L’incapacité des autorités à créer les conditions d’un renforcement de la capacité d’agir et à éliminer les discriminations entraîne des conséquences durables pour les femmes et les fillettes.

1-1 Les défenseures des droits humains

Les défenseures des droits humains œuvrent pour la protection des droits fondamentaux, notamment l’accès à la santé et à l’éducation et les droits des minorités et des femmes.


Les femmes renforcent et font progresser la protection des droits humains de façon spécifique, dans le domaine des droits économiques, sociaux et culturels comme dans celui des droits civils et politiques.

Mais elles subissent diverses formes de discrimination, des atteintes sexuelles, des accusations malveillantes, des manœuvres de dénigrement, qui sont liées à leur condition de femme.

Amnesty International s’efforce de recueillir et de diffuser de façon systématique des informations sur l’apport spécifique des défenseures des droits humains.

Repères

Les femmes sont souvent exposées à des risques particuliers lorsqu’elles font campagne pour les droits humains, parce qu’elles contestent des attitudes et des croyances sociales et culturelles.

Amnesty International pense que les défenseures des droits humains ont parfois besoin d’un soutien maximum pour parvenir à se faire entendre et à mener une action reconnue.

Que fait Amnesty International?

En Iran, Amnesty International exhorte les autorités à laisser les femmes manifester sans craindre d’être arrêtées. Les femmes qui font campagne pour l’égalité des genres risquent d’être arrêtées et emprisonnées en raison de leur participation à des manifestations pacifiques.

1-2 Les femmes, agents du changement

Une grande partie des progrès accomplis à ce jour en ce qui concerne les droits fondamentaux des femmes sont dus aux initiatives prises par des femmes.

Elles ont brisé des tabous, pris la parole et mené des campagnes courageuses et galvanisantes pour défendre leurs droits.

Les femmes ont obtenu une évolution spectaculaire de la législation, des politiques et des pratiques. Elles affrontent pourtant des risques encore plus nombreux, en raison de leur genre et des questions qu’elles abordent.

Lorsque les femmes cherchent à défendre leurs droits, elles sont souvent forcées de contester des pratiques et des croyances bien établies.

1-3 Des écoles plus sûres pour toutes les filles

Toutes les filles ont droit à l’éducation.

Ce droit est essentiel, car il permet aux filles de grandir et d’apprendre, mais aussi de devenir indépendantes et de faire leurs propres choix.

Les écoles ne sont pas toutes des lieux d’apprentissage et de développement. Parfois, la peur et les violences y règnent. Certaines filles subissent des violences à l’école, de la part des enseignants, du personnel scolaire ou d’autres élèves.

La violence empêche les filles de fréquenter l’école. Les filles doivent recevoir une éducation dans un environnement :

  • sûr,
  • respectueux,
  • non discriminatoire.

Ajoutez votre voix à notre appel mondial pour la sécurité des filles à l’école. Vous avez le pouvoir de rendre les écoles plus sûres pour les filles !

Chiffres-clés sur la violence contre les filles à l’école

•    Selon une étude réalisée aux États-Unis, 83 p. cent des collégiennes (âgées de douze à seize ans environ) scolarisées dans le public ont été victimes de harcèlement sexuel, sous une forme ou une autre.

•    D’après une autre étude, menée en 2006 auprès de filles scolarisées au Malawi, 50 p. cent d’entre elles disaient avoir subi des attouchements « contre leur gré, infligés soit par leurs enseignants, soit par des garçons de leur établissement ».

•    Le harcèlement sexuel à l’école est répandu en Amérique latine, notamment en République dominicaine, au Honduras, au Guatémala, au Mexique, au Nicaragua et au Panamá.

•    Cinquante p. cent des adolescentes interrogées dans le cadre d’une étude menée auprès de collégiennes zimbabwéennes racontent que des inconnus leur ont imposé des contacts sexuels pendant qu’elles se rendaient à l’école ; 92 p. cent affirment que des hommes adultes leur ont fait des avances.

•    Quarante p. cent des 77 millions d’enfants d’âge scolaire non scolarisés vivent dans des zones touchées par des conflits.

•    En Afghanistan, les incendies volontaires d’écoles, en particulier d’écoles de filles, se multiplient ces dernières années, et les jeunes filles qui vont à l’école sont de plus en plus souvent victimes de menaces, voire d’agressions. Il y a eu au moins 172 attaques violentes contre des écoles au cours des six premiers mois de 2006.

•    Les filles qui appartiennent à des minorités raciales ou ethniques ou à des populations indigènes peuvent être la cible de violences et se trouver confrontées à des obstacles particuliers pour faire des études. Ainsi, dans plusieurs pays d’Europe, les filles roms sont en butte à de nombreuses difficultés en matière d’éducation (discrimination, pauvreté, traditions patriarcales se traduisant par des ambitions plus modestes pour les filles et par l’abandon des études à un jeune âge, obligations familiales, mariages précoces, etc.).

2- Mise en œuvre des lois existantes sur le viol et les autres violences sexuelles

La violence contre les femmes et les fillettes est un scandale au regard des droits humains. Pourtant, dans de nombreuses sociétés, les autorités y semblent indifférentes et leur attitude se caractérise par le silence et l’inaction.

De la chambre à coucher au champ de bataille, de la cour de récréation à l’atelier ou au bureau, les femmes et les fillettes courent le risque de subir des violences sexuelles.

Les autorités sont encore loin de prendre les mesures appropriées contre les viols et les autres formes de violence sexuelle.

Une femme brutalisée, agressée ou violée doit pouvoir bénéficier de toute une gamme de services dispensés dans un esprit respectueux et solidaire, compte tenu des particularités de son cas et de ses conditions de vie.

Repères

  • Les femmes et les fillettes doivent pouvoir mener leur vie tranquillement, sans risquer de subir des violences sexuelles.
  • La violence sexuelle contre les femmes est aggravée par la mise en œuvre insuffisante des lois.
  • Les victimes d’actes de violence sexuelle doivent pouvoir accéder sans restriction à des informations, à une aide, à une protection, à des services, dans les domaines juridique et médical.
  • La violence sexuelle contre les femmes est maintenue dans l’ombre parce que les victimes craignent d’être rejetées par leur entourage.

3-Actes de violence contre les femmes perpétrés par des agents de l’État

Bien que les États soient dans l’obligation d’agir avec la diligence requise pour prévenir les violences contre les femmes, dans de nombreuses sociétés ces actes ne suscitent pas l’intérêt des autorités, qui se taisent et restent inertes.

Les actes de violence contre les femmes perpétrés par des agents de l’État ne sont généralement pas signalés et ne font donc l’objet d’aucune enquête.

Les femmes continuent d’être exposées à des violences infligées par des agents de l’État.

Repères

En vertu du droit international relatif aux droits humains, tous les gouvernements ont la responsabilité:

  • de prévenir toutes les formes de violence contre les femmes, d’enquêter sur ces actes et de les sanctionner, que la femme les subisse à son domicile, sur son lieu de travail, dans son village, son quartier ou ailleurs, derrière les barreaux ou dans une situation de conflit armé;
  • de prendre toutes les mesures voulues pour renforcer la capacité d’agir des femmes;
  • de condamner la violence contre les femmes et de ne pas invoquer des coutumes, des traditions ou des pratiques liées à la religion ou à la culture pour échapper à leur obligation d’éliminer cette violence;
  • d’élaborer des mesures législatives, éducatives, sociales et autres visant à prévenir la violence contre les femmes, ou d’utiliser les dispositifs qui existent.

Que fait Amnesty International?


  • En Géorgie, des dizaines de milliers de femmes sont frappées, battues, violées et parfois même tuées par leur mari ou leur compagnon. Seul un très faible pourcentage des victimes se tournent vers la justice ou cherchent à obtenir de l’aide pour échapper à la violence. Un grand nombre d’entre elles restent avec leur compagnon parce qu’elles n’ont pas d’endroit où aller et ne sont pas financièrement indépendantes.
  • En Papouasie-Nouvelle-Guinée, où le gouvernement se montre passif depuis longtemps face à la violence contre les femmes, ces comportements se sont généralisés. Ils entravent le développement du pays et contribuent à la propagation du VIH/sida.

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